Un pays est-il inscrit dans les gènes ? Petite-fille de bistrotières aveyronnaises, une Parisienne revient dans le berceau de la famille, en Aubrac. Un roman sensible et prenant sur les origines, la transmission, le secret et le rapport à la terre.
Le livre
Brune a grandi au-dessus du Catulle, le café parisien de ses « grands-mères », Douce et Granita, qui l’ont élevée après la mort de Rose, sa mère. À l’époque, les soeurs Rigal – deux sacrées bonnes femmes – servaient jusqu’à deux cents repas par jour. Comme chez la plupart des limonadiers aveyronnais de Paris, les mots « vacances » et « loisirs » y étaient bannis.
Une bête au paradis est un roman qui a beaucoup fait parler de lui lors de la rentrée littéraire de septembre dernier. Cécile Coulon pose son histoire entre deux mondes, entre celui de la campagne, de la terre brute, et celui de la ville, qui bruisse d’activité et de secrets.
Le livre
"Le Paradis", c'est le nom de la ferme exploitée par Émilienne, femme au fort et généreux caractère, qui élève seule ses deux petits-enfants, Blanche et Gabriel, orphelins depuis la mort de leurs parents dans un tragique accident de la route. Dans cette ferme, la vie se déroule en douceur, autant que se peut malgré les drames et la dureté du travail agricole. Ici on tue les poules et on dépèce les lapins, c'est comme ça. Au "Paradis", en plus des enfants, il y a Louis, un adolescent battu par son père recueilli par Émilienne après la mort des parents des enfants. "En quelques mois, Émilienne bâtit un homme utile", lui transmettant tout ce qu'il faut savoir sur les travaux de la ferme. Louis fait désormais "partie de cette maison".
Il y a d’abord le titre : « le porteur de joie », apaisant et réjouissant en ces temps encore troublés et puis, il y a l’histoire de Joseph, jeune héros cantalien, coureur à pied qui, à force de ténacité et de conseils avisés de son maître d’école, va réaliser son rêve : devenir champion olympique et puis, il y a l’Histoire avec l’évocation de la Grande Guerre et ses anecdotes glaçantes, la politique et la religion sur fond d’opposition entre socialisme et catholicisme et de loi de la séparation entre l’Eglise et l’ Etat, et puis, il y a le terroir cantalien très bien dépeint et notamment la vie des petits commerçants au début du XXème siècle, il y a enfin une belle histoire d’amour.
Fin des années 1860, Jeanne, une orpheline de 16 ans, s'enfuit de la ferme où sa belle-mère l'a placée. Arrivée à Port-Dieu, en Dordogne, elle est embauchée comme fille de cuisine par une aubergiste. Le jour où un photographe ambulant débarque dans le village, la jeune fille est fascinée par ce drôle de personnage. Malgré leur différence d'âge, une relation forte naît entre eux.
Jean-Guy Soumy met la Nouvelle Aquitaine à l’honneur en plaçant son récit à Port-Dieu, sur les berges de la Dordogne. Au fil des pages, le lecteur suit les aventures de ce duo entre quotidien et mystère autour de cette relation sincère qui s’instaure entre les deux personnages jusqu’à la découverte du secret du mentor de Jeanne…
Harry, romancier en panne d'inspiration, achète sur un coup de tête une ferme à l'écart d'un village perdu. C'est l'hiver. La neige et le silence recouvrent tout. Les conditions semblent idéales pour se remettre au travail. Mais Harry se sent vite épié, en proie à un malaise devant les événements étranges qui se produisent. Et si l'inspiration n'était qu'une manière d'accueillir les fantômes ? Un suspense métaphysique somptueusement orchestré où les fatalités familiales rencontrent les chimères d'un grand écrivain...
À la mort de son père, Marie-Loup, avocate à Paris, revient à la ferme pour en prendre la succession. Entre hostilité et affection pour ce monde familier, la jeune femme redécouvre dans la relation quotidienne avec les bêtes et le travail de la terre la vérité insoupçonnée dont chaque geste est porteur. Jour après jour, ce métier d’hommes, de naisseurs, lui révèle un lien viscéral et la possibilité d’une autre vie.
Des rivières sauvages, des vallées sombres, des gorges, des torrents, des cascades, et, au creux des collines, un lac immense : dans un récit autobiographique, Françoise Chandernagor nous décrit la Creuse, pays des sources et des eaux qui inspira Claude Monet. Pauvre, secrète et longtemps inaccessible, cette région du Massif central — dont, pendant trois siècles, les fils devaient migrer chaque printemps vers des chantiers parisiens pour survivre —, cette terre granitique vouée au chêne et au genêt, fut le paradis de son enfance. Une enfance à demi paysanne, placée sous l’égide d’un grand-père lui-même « maçon migrant ». Dans un hameau de dix-sept feux, une enfance libre et buissonnière qui est à l’origine de sa vocation d’écrivain. À travers le sort de ceux qu’elle a connus dans son village, et les changements économiques ou climatiques violents de ces dernières années, Françoise Chandernagor, avec son art de conteuse, montre la transformation de cette « île » hors du temps, son île battue des vents où, longtemps, on n’arrivait qu’à pied : « Eux savaient où était caché l’or vrai, et ils se promettaient qu’un jour ils reviendraient vers leurs landes familières, reviendraient dans leur village sans route, perdu entre Limoges et Clermont, pour y contempler chaque été, et jusqu’à en être aveuglés, les paillettes de soleil que nos vents fous arrachent aux rivières. »